Mes rêves et mes illusions

Nous avons tous envie de suivre nos rêves et aujourd’hui, je vais très probablement les abandonner pour retourner à une vie qui n’est pas pour moi. Je suis arrivée en Ardèche en août 2010 et il y a très exactement 12 ans, je remontais dans mon appartement chercher mes affaires et regarder les larmes de mes enfants qui ne comprenaient pas mon départ brutal.

Je remonte le temps

C’était avant la rentrée et  ces quelques jours en Ardèche devaient simplement m’aider à reprendre pied. Mais je me suis laissée embarquée par des promesses, par un homme, par le bleu du ciel. Je ne pouvais plus vivre en région parisienne mais mon mari n’était pas prêt à vivre à la campagne. J’étais en colère contre tout ça, contre le chaos dans lequel je vivais, contre la terre entière et contre les hommes.

Mes enfants n’y étaient pour rien et je les ai regardé pleurer. J’ai honte, croyez moi.

Quand j’ai réalisé tout ça, il était déjà trop tard. Je m’étais enlisée dans un appartement moisie, des dettes et aucun retour possible.

Deux ans à Annonay

Une ville moche où la majorité des logements sont insalubres, nul part où aller, ici ce sont les bats qui font office de lieux social mais ce sont des bars et pas souvent ouverts. Je suis allée parfois à Lyon mais par pénurie financière, j’ai finalement évité – il me fallait prendre le car le matin et il n’y a qu’un car pour rentrer le soir – alors j’ai essayé de faire avec tout ça en accueillant mes filles si c’était possible.

Mais les conflits étaient déjà bien trop nombreux avec l’homme qui partageait ma survie.

J’ai alors divorcé pour vendre mon appartement parisien et me reloger…. seule. Mais je me suis laissée manipuler. J’ai acheté cette maison dans un village par ce que j’ai écouter l’homme et j’ai eu confiance. Il travaillait la pierre et voulait restaurer la maison…

La montagne

Je suis naïve, j’avais envie de croire que tout était possible. Même si mes débuts dans ce village ont été une suite continuelle d’emmerdements dont les conséquences morales et financières furent un désastre. Pour me libérer, j’ai marché avec mon chien, Gécko. Je n’ai d’ailleurs toujours pas fait le deuil de ce chien, adopté à la SPA en 2012…

Marcher me faisait du bien. j’ai peu à peu retrouvé le moral et j’ai fait des projets malgré le vide de ma vie affective. Mes filles ne venaient plus et ont coupé tout contact avec moi. Mais j’ai tout mis dans l’éthologie et mon amour pour les chevaux que j’ai adopté. Ces chevaux devenus objets de chantages – si je pars, que deviendront-ils ?

 

Et maintenant ?

Fille aînée s’est mariée cet été. Je n’étais pas invitée mais j’ai trouvé ces quelques photographies sur instagram. Je lui souhaite beaucoup de bonheur.

Quand à moi, progressivement la souffrance psychologique me détruit physiquement : le foie, les reins, la thyroïde… Et pourtant je reste là dans l’espoir de jours meilleurs – en réalité je sais qu’il ne changera pas – avec des projets toujours repoussés et des chevaux délaissés. La toiture n’est pas très étanche, les travaux promis n’ont jamais été réalisé et je suis à bout de forces.

J’ai cherché comment sortir de là mais je n’aperçois que des fuites vers un autre piège, ou plus définitive. Ça m’arrive souvent d’y penser. Cette fois encore, je suis face à mes désillusions – triste période…

 

 

Author: Angelique

Nous avons pris nos chevaux et des sacoches afin de proposer livres, carnets d'écriture et un magazine trimestriel à tous ceux qui en font la demande. Nous organisons des groupes de lecture dans les chemins, dans les prés, avec les enfants et leurs accompagnants.

Au plaisir de vous lire et de vous rencontrer.

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4 thoughts on “Mes rêves et mes illusions

  1. En 2014, j’ai eu un désastre personnel qui a détruit ce que je pensais le dernier de mes rêves. Il me fallait 6 ans pour découvrir la France et des nouveaux rêves. C’est juste à dire qu’il est possible.