No Name Bay – Russell Heath

En ce nouveau Vendredi lecture, je partage mon avis sur No Name Bay, L’éco-thriller américain choc, écrit par Russell Heath. Nous partons en Alaska, la grande terre.

Résumé de l’éditeur

Une histoire palpitante et envoûtante, faite d’intrigues complexes et de personnages attachants, dotés d’une sensibilité écologique.

  • Éditeur ‏ : ‎ Mera Editions; 1er édition (17 juillet 2022)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 388 pages

Alors que Rinn s’éloigne discrètement des lieux d’un sabotage pour se réfugier dans la forêt, il ignore qu’un homme est sur le point de mourir. Lorsque son ancienne compagne, Kit Olinsky, une militante écologiste, est accusée puis arrêtée pour le meurtre, il découvre que les preuves contre elle sont accablantes. Mais l’incarcération de Kit semble arranger un sénateur local corrompu qui, désormais débarrassé d’elle, peut se tracer un chemin jusqu’au poste de gouverneur. Lorsque celle-ci est libérée sous caution, elle est plus déterminée que jamais à faire tout ce qui est en son pouvoir pour rétablir son nom et arrêter la mécanique implacable et destructrice, qui une fois lancée semble vouloir tout écraser sur son passage. Rongé par la culpabilité d’avoir laissé des preuves l’ayant incriminée, Rinn décide de laisser derrière lui sa vie isolée dans les montagnes pour lui venir en aide. Il est prêt à tout sacrifier pour sauver Kit ; mais, ce qu’elle va lui révéler bouleversera sa vie à jamais.

Ils étaient amis autrefois. Ils se battaient côte à côte pour défendre des causes justes. Depuis, tous les trois ont emprunté des chemins très différents, sans retour en arrière possible. Et lorsqu’on a déjà commis le pire, que peut-on craindre d’autre ?

L’Alaska, un enjeu économique

Peuplé par des Aléoutes, Inuits (notamment Iñupiat et Yupiks) et peut-être d’autres Amérindiens depuis plusieurs millénaires, le territoire est colonisé par des trappeurs russes à la fin du XVIIIe siècle. Les ressources de l’Alaska proviennent alors essentiellement du commerce du bois et de la traite des fourrures. Le , les États-Unis l’achètent à la Russie pour la somme de 7,2 millions de dollars (environ 120 millions de dollars actuels), et celui-ci adhère à l’Union le . Les secteurs économiques prédominants aujourd’hui sont la pêche, le tourisme, et surtout la production d’hydrocarbures (pétrole, gaz) depuis la découverte de gisements à Prudhoe Bay dans les années 1970.

Russell Heath, dans son roman, m’a fait (re)découvrir une triste réalité : celle de l’homme blanc colonisateur. N’oublions jamais que les Européens se sont appropriés des territoires sauvages déjà habités et que les Amérindiens ont aussi leur propre culture.

No Name Bay

Ce roman nous plonge dans une folle aventure. Un homme est mort et au fil des pages, l’intrigue se met en place sur fond d’écoterrorisme dans une exploitation forestière. Le lecteur découvre que l’humain n’a que peu d’importance : la politique, les magouilles financières où la survie des amérindiens n’a que peu d’importance, sauf pour un petit groupe qui fait de son mieux pas “voie légale”.

La chasse et la cueillette continuent d’être des activités économiques et culturelles importantes pour de nombreux autochtones de l’Alaska, ce qui est un cas d’économie de subsistance. Cependant, contrairement à d’autres peuples, les autochtones d’Alaska n’ont pas de droits de subsistance particuliers, hormis celui de la pêche à la baleine.

Dans No Name Bay, ce droit à la subsistance est central. En effet, les tribus Amérindiennes vivent de chasse et de cueillette alors que l’homme blanc rase des forêts où vit le gibier. Le terme “autochtone” n’est pas employé par l’auteur, serait-ce enfin le respect de ceux qui vivaient dans ces contrées en harmonie avec la nature ?

Un roman très politique

Je ne parlerai pas de Nature Writing puisque la grande majorité de ce roman se situe dans des salles d’audiences où sont débattus les intérêts des uns et des autres. L’auteur nous montre à quel point les enjeux financiers priment sur la vie, sur l’humain. Les principaux personnages sont plus détestables les uns que les autre mais je me suis attachée à Rinn. Il va au bout de ses convictions et c’est lui que j’ai suivi dans cette aventure. 

Kit fait de son mieux cependant pour sauver ce qui peut l’être.

“Elle renversa son gouvernail et glissa sa pagaie dans l’eau pour faire virer son Kayak. A huit cents mètres de là, le camp était calme. Au-delà, s’étalaient les immenses déchirures que Tlikquan avait taillées dans la forêt. Encore deux ans et les arbres de No Name auraient entièrement disparu.”

Kit a choisi la voie légale pour faire respecter les Amérindien, mais finalement, j’ai trouvé qu’elle était peut-être trop dans la négociation. Cependant, chacun lira aussi suivant ses propres convictions et chaque lecteur aura son affinité pour l’un de ces personnages qui font de cette aventure un voyage magnifique. L’intrigue vous saisira jusqu’à la dernière ligne.

La sensibilité écologique

Tous les lecteurs de ce blog ont compris depuis longtemps que je partage les lectures qui peuvent éveiller cette sensibilité, la conscience de nos actes destructeurs.

“Aujourd’hui, il s’était engagé à soutenir le projet de loi sur le bois. Que penserait Rinn ? Bon sang, qu’en penserait Dan ? Est-ce que l’abattage de toujours plus d’arbres aiderait la cause des Amérindiens ?”

Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous que tout s’achète ? 

J’ai beaucoup apprécié ce roman pour ce qu’il est, même si j’espérais voyager en Alaska. Certains passages font du bien, offrant un bol d’air pur. Mais la thématique est bien au-delà d’un simple voyage alors, de mon point de vue, pour la réflexion (et peut-être pour la remise en question), ce roman est à découvrir de toute urgence.

L’AUTEUR

Éternel aventurier, Russell Heath a vécu seul dans une cabane isolée pendant plusieurs années en Alaska et en Italie, a voyagé à travers le Sahara, les jungles et les savanes africaines jusqu’en Asie du Sud, a fait un tour du monde en solitaire sur un voilier de 25 pieds de long, et a parcouru à vélo l’épine dorsale des Rocheuses, depuis l’Alaska jusqu’au Mexique. Russell Heath a aussi été lobbyiste au sein de l’assemblée législative de l’Alaska, et a vu de près la politique de l’État. Tous les coups bas, toutes les manipulations des règlements et des procédures, toutes les trahisons dans ce roman se sont produits dans la vie réelle. « Sauf, précise Heath, la dernière. Elle est le fruit de mon imagination. »

 

Je soutiens Les Crins du Barde
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Author: Angelique

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